Programmé pour réussir

Omar Besbes a pour objectif, à long terme, de créer une start-up dans le milieu de l’environnement.

Omar Besbes, jeune Tunisien de 17 ans, est un passionné de programmation. Il a participé deux fois aux Olympiades internationales de l’informatique, compétition de référence. Il veut maintenant regarder plus loin, avec pour objectif d’intégrer une université américaine et de lancer sa start-up.

Par François Ventéjou (photos Paul Abran/EPJT)

mar Besbes passe son temps devant les écrans. Mais pas pour jouer aux jeux vidéo comme la majorité des jeunes de son âge. À 17 ans, ce Tunisien consacre son temps libre exclusivement a une passion pas commune : la programmation. « Mon oncle est informaticien », explique Omar Besbes. Il a tout de suite joué avec le matériel de son tonton. « Je ne savais pas ce qu’il faisait, mais je voulais être comme lui », poursuit-il. À force de bidouiller les ordinateurs, le jeune garçon a fait de l’informatique son hobby.

Au collège, le jeune Omar apprend l’algorithmique. Dès lors, il commence la programmation et la résolution de problèmes. Depuis, il n’arrête pas. Omar Besbes a une constante envie de progresser. « Quand je trouve le moindre temps libre, je fais de la programmation. Je ne veux pas perdre de temps. » Pour cela, il s’entraîne sans cesse. Prend le moindre conseil à droite et à gauche. « J’ai commencé en bas de l’échelle, assure-t-il. Au début, je ne connaissais pas la méthodologie. J’ai appris petit à petit avec l’ITA. »

Une passion chronophage mais qui permet de rêver grand. Car Omar Besbes, regard espiègle et cheveux bien brossés sur le crâne, a un objectif : intégrer le Massachusetts Institute of Technology plus connu sous le nom de MIT.

Pour avoir le droit d’entrer dans une université américaine aussi prestigieuse, il faut être repéré. Le moyen ? Faire bonne impression aux Olympiades internationales de l’informatique (IOI), une compétition annuelle qui réunit les quatre meilleurs jeunes programmateurs de chaque pays.

Un concours réputé auquel Omar Besbes a déjà participé à deux reprises, en 2018 et 2019. « À ma première olympiade, au Japon, je n’ai pas fait un bon résultat. C’était la première fois et je n’avais que 15 ans », raconte Omar. Avec deux participations, Omar Besbes se classe déjà dans la catégorie des jeunes prometteurs dans ce domaine. Une troisième participation confirmerait qu’il n’est pas un garçon comme les autres.

Cette première expérience est vécue comme un léger échec mais elle lui permet de côtoyer les meilleurs. « Ça m’a donné envie de progresser, affirme-t-il. Je me suis entraîné et j’ai fait beaucoup mieux la deuxième fois. » Pas de médaille en Azerbaïdjan, mais une olympiade satisfaisante. S’il est retenu pour représenter la Tunisie l’été 2020, Omar Besbes veut ramener une médaille. Jusqu’ici, le meilleur résultat dans l’histoire de la Tunisie a été le bronze.

Une passion débordante que sa maman, Meriem Besbes, professeure d’italien, a eu du mal à accepter. « Au départ, j’avais des peurs énormes, avoue-t-elle. J’ai mal accepté la chose car je croyais toujours que le plus important était d’étudier. »

Des doutes rapidement balayés par Denna Dorsaf, la présidente de l’ITA. « Elle m’a rassurée, se rappelle Meriem. Elle m’a dit : “Vous allez voir, il commence en bas de l’échelle, mais ça va monter en flèche et ça va l’aider dans tous les domaines.” Et effectivement ses résultats scolaires se sont améliorés. »

Rassurée, la famille se range derrière Omar afin qu’il puisse vivre son american dream. « On l’encourage, assure sa mère. Quand il est parti en Azerbaïdjan, je suis restée à Tunis et c’était comme si j’accouchais une nouvelle fois. »

Décrit comme un garçon intelligent et plein d’idées variées par Nidhal Abidi, l’entraîneur de l’équipe tunisienne à l’IOI, Omar Besbes a toutes les chances d’intégrer une université américaine. Et ensuite ? Le jeune homme, qui habite dans le quartier de l’Aouina, à l’est de Tunis, veut lancer une start-up dans le domaine de l’environnement. « Je veux faire quelque chose qui peut être utile au monde en utilisant l’intelligence artificielle », imagine Omar Besbes. Et ainsi imiter Nidhal Abidi qui a lancé sa start-up à 22 ans.